Je me rappelle.
Aimeriez-vous vous retrouver seul, perdu dans une foule de gens. Les gens vous bousculeraient, vous mépriseraient, vous insulteraient. Je suis dans une sale position. Je dois me montrer forte, car même ceux que je pensais faible, réussissent à me déstabiliser. Je laisse paraître l'image d'une fille heureuse et épanouie, en vérité, je suis loin de l'épanouissement. Tout le monde sait bien que l'acharnement gagne toujours face au désespoir. Les amis sont effectivement les personnes les plus indispensable à une vie, mais quand on a peur de se montrer tel qu'on est, c'est de plus en plus difficile de les cotoyer. Je pleure tous les jours. De tristesse, de colère, de joie. De haine, parfois. Je passe ma vie en revue, et je me dis que je suis effectivement une "Petite conne". La personne qui m'a dit ça à peut-être bien raison. Je ne mérite rien, et pourtant j'ai tout. Je m'apitoye sur mon sort alors que je pourrais juste me dire et redire que la vie est belle. Non, je ne suis peut-être pas si optimiste que ça. Ma mère est toujours fière de moi. Et mon père n'est jamais satisfait. Il m'a transmis ce gène, le "perfectionnisme" dont je me serai bien passé. Viser toujours plus haut. C'est mon but dans la vie. Et réussir dans tout ça ?... Ma soeur m'a dit qu'il n'y avait rien de plus beau qu'une femme épanouie. Je lui ai répondue que c'était ce qu'il me manquait, et que tant que je serai sous le même toit que mon père, ça ne s'arrangerait pas. Alors "Petite conne" que je suis, j'avance sans regarder devant moi. Nous verrons bien où je tomberais...